La coopération entre l’Algérie et l’Allemagne pourrait connaître une nouvelle dynamique dans les prochaines années, notamment dans le domaine de l’hydrogène vert. Pour le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, le rôle de l’Algérie est appelé à se renforcer, porté par les importantes capacités dont dispose le pays pour développer cette nouvelle filière énergétique.
L’intérêt allemand s’explique notamment par l’immense potentiel solaire du Sahara, mais aussi par la proximité géographique de l’Algérie avec le marché européen. Ces deux avantages pourraient permettre au pays de se positionner, à terme, comme l’un des fournisseurs importants d’énergie bas carbone de l’Europe.
Berlin travaille déjà depuis plusieurs mois au renforcement de cette coopération. Au printemps, une délégation allemande conduite par un haut responsable du ministère fédéral des Affaires étrangères s’était rendue à Alger afin d’échanger sur le développement des énergies propres et des technologies bas carbone.
Cette dynamique s’inscrit également dans la continuité des engagements pris conjointement en juillet dernier par les deux pays afin d’approfondir leur coopération en matière de sécurité énergétique et d’accompagner la transformation progressive du secteur.
Une coopération économique appelée à se diversifier
Le déplacement du chef de la diplomatie allemande comporte également un important volet économique. Plusieurs représentants du monde des affaires allemand l’accompagnent afin d’identifier de nouvelles opportunités de coopération et de favoriser l’émergence de projets concrets.
Cette démarche traduit la volonté des deux pays d’élargir leurs relations économiques au-delà du modèle traditionnel fondé principalement sur les échanges commerciaux et énergétiques.
Elle s’inscrit dans le prolongement des mécanismes de coopération mis en place à Berlin, notamment à travers une déclaration commune prévoyant la création d’un conseil d’affaires bilatéral ainsi que la relance de la commission économique mixte algéro-allemande.
L’objectif est désormais de développer des partenariats industriels et technologiques plus structurés, susceptibles de favoriser les investissements, les transferts de savoir-faire et le développement de nouvelles chaînes de valeur entre les deux pays.
Le Sahel, autre priorité stratégique commune
La relation entre Alger et Berlin ne se limite cependant pas aux questions économiques et énergétiques. Les enjeux sécuritaires occupent également une place importante dans les échanges entre les deux pays.
Dans un contexte international marqué par une multiplication des tensions et par une instabilité persistante au Sahel, Johann Wadephul estime que l’Europe doit renforcer son dialogue avec ses partenaires d’Afrique du Nord.
Le Sahel apparaît ainsi comme l’un des principaux sujets de convergence. L’Allemagne et l’Algérie partagent l’objectif d’une stabilisation durable de cette région, où l’expérience diplomatique et sécuritaire algérienne constitue un élément important du dialogue régional.
Le ministre allemand a d’ailleurs souligné l’intensification récente des échanges diplomatiques avec les pays du Maghreb, rappelant avoir reçu à Berlin ses homologues tunisien Mohamed Nafti et algérien Ahmed Attaf.
« Nous allons exploiter ensemble les occasions de renforcer notre coopération. Depuis l’entrée en fonction du gouvernement, nous avons intensifié les échanges entre nos pays, et j’ai eu récemment le plaisir de recevoir à Berlin mes homologues tunisien, Mohamed Nafti, et algérien, Ahmed Attaf », a-t-il déclaré.
La Méditerranée comme trait d’union stratégique entre l’Europe et l’Afrique
Cette nouvelle séquence diplomatique confirme le rapprochement observé ces derniers mois entre Alger et Berlin, dans le prolongement notamment de la visite du président Abdelmadjid Tebboune dans la capitale allemande.
Les deux pays cherchent désormais à inscrire leur relation dans une perspective plus large, associant énergie, industrie, investissements, sécurité régionale et transition écologique.
Pour Johann Wadephul, cette coopération pourrait également contribuer à donner une nouvelle dimension stratégique à l’espace méditerranéen. L’ambition affichée est de faire de la Méditerranée non plus seulement une frontière entre l’Europe et l’Afrique, mais un véritable espace de coopération et de puissance reliant les deux continents.
Dans cette perspective, l’hydrogène vert pourrait devenir l’un des principaux moteurs du rapprochement entre l’Algérie et l’Allemagne. Après plusieurs décennies durant lesquelles les hydrocarbures ont constitué le socle de la relation énergétique, les deux pays semblent désormais vouloir préparer ensemble la prochaine étape de leur partenariat.





