ce que les Portoricains reprochent au remake de Steven Spielberg

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Monument de la culture occidentale, West Side Story n’a jamais eu les faveurs de la communauté latino-américaine. Steven Spielberg a voulu en proposer une nouvelle version, nettoyée de ses clichés jugés racistes et de ses aspects problématiques. A-t-il réussi à convaincre les premiers concernés ?

“Oh, West Side Story. Qu’allons-nous faire de toi ?”, soupire Cristina Escobar sur Latino Rebels, un site anglophone spécialisé dans la couverture de l’actualité latino-américaine. “Tu es un peu comme la première femme du tío [“oncle”, en espagnol] qui continue de s’incruster dans les repas de famille. Cette année à Noël, tout le monde ne parle que de toi.”

Sorti le 10 décembre aux États-Unis (le 8 décembre en France), le film de Steven Spielberg propose une nouvelle version de la comédie musicale du même nom, montée en 1957 et déjà adaptée pour le cinéma en 1961.

La trame reste la même : West Side Story raconte l’amour impossible qui unit Maria et Tony, sur fond de rivalité entre deux bandes de l’Upper West Side, à Manhattan. D’un côté, les Sharks, des immigrés d’origine portoricaine emmenés par Bernardo, le frère de Maria. De l’autre, les Jets, des immigrés venus d’Europe, avec Tony et Riff pour meneurs.

Quoique vénérés aux États-Unis et tenus pour des œuvres antiracistes, la comédie musicale, tout comme le film de 1961, traînent une sinistre réputation dans la communauté latino. Ils sont notamment accusés de véhiculer les pires clichés sur les Portoricains. Ainsi de la chanson America, avec ses paroles problématiques : face à Bernardo, Anita déclare son refus de retourner à Porto Rico. Selon elle, l’île, avec ses ouragans et sa population endettée, peut bien “sombrer dans l’océan” : même si la vie est dure aux États-Unis, c’est là qu’elle veut vivre.

Les erreurs du passé sont enfin “corrigées”

Au regard de ce passif, l’adaptation de Steven Spielberg a été plutôt bien accueillie dans les rares médias portoricains qui ont couvert sa sortie. Elle “corrige les erreurs du passé”, titre ainsi El Vocero de Puerto Rico. Le quotidien hispanophone est publié à San Juan, la capitale de ce territoire américain qui attend depuis les années 1950 d’être formellement reconnu comme le 51e État de l’Union (il bénéficie pour l’instant du statut flou d’“État-Libre associé”). Selon lui, “la plus grande réussite” du film tient justement à “la façon dont sont représentés dans l’intrigue les Portoricains et leur culture”.

Les personnages latinos ont “plus d’espace et de temps” à l’écran que dans la version de 1961, constate ainsi El Vocero de Puerto Rico, l’un des journaux les plus lus de l’île. Ils sont campés par des acteurs “majoritairement d’origine portoricaine ou latino, ce qui permet d’obtenir plus d’authenticité non seulement au niveau des physiques mais aussi des émotions”. Dans la version originale, les rôles principaux étaient tenus par des acteurs blancs maquillés. Même l’actrice portoricaine Rita Moreno, qui incarnait Anita, l’amie de Bernardo, avait dû accepter que sa peau soit foncée.

Les dialogues et paroles des chansons ont été revus, allégés des répliques les plus problématiques, approuve encore El Vocero de Puerto Rico. Et ils contiennent davantage d’espagnol, Steven Spielberg ayant par ailleurs choisi de ne pas les sous-titrer, s’arrangeant pour que le contexte permette d’en deviner la teneur. Les sous-

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