“Tout était calme et silencieux”

“Tout était calme et silencieux”


L’Imperial War Museum, à Londres, expose des clichés que Wim Wenders a pris sur le site du World Trade Center, à New York, juste après les attaques du 11 septembre 2001. Le cinéaste et photographe allemand se remémore ses impressions sur le lieu des attentats. 

“C’était comme travailler dans un immense cimetière. Tout était calme et silencieux. Les conversations se faisaient à voix basse. De temps en temps, une corne sonnait. Et tout le monde enlevait son casque de sécurité parce que cela signifiait que quelqu’un, à un endroit, avait trouvé des restes humains.”

Dans les semaines qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, Wim Wenders a pu se rendre sur le site de Ground Zero, à Manhattan, là où les tours jumelles du World Trade Center s’étaient effondrées. Le cinéaste (Paris, Texas, Les Ailes du désir, Buena Vista Social Club…) et photographe allemand, né en août 1945 dans la ville de Düsseldorf dévastée par les bombardements alliés, est de longue date obsédé par les ruines et les paysages de désolation.

Une apocalypse d’acier et de béton

Après les attaques perpétrées par le réseau Al-Qaida, las de faire des cauchemars mettant en scène des tours en train de s’écrouler, il a tenté de se rendre sur les lieux de la tragédie. “Je voulais essayer d’exorciser cette catastrophe. Et je me suis dit que si je pouvais aller voir les lieux de mes yeux, cela m’aiderait”, confie-t-il au quotidien britannique The Guardian.

New York, 8 novembre 2001, II. Photo WIM WENDERS.
New York, 8 novembre 2001, II. Photo WIM WENDERS.

Wim Wenders s’est fait passer pour l’assistant de son ami Joel Meyerowitz, le seul photographe autorisé à se rendre sur Ground Zero pour documenter les travaux de déblaiements en cours. Il est resté six heures sur place. Cinq des clichés qu’il a pris sont à voir à partir du 10 septembre au Imperial War Museum de Londres, dans le cadre d’une exposition consacrée aux attentats du 11 septembre 2001*.

Ce sont des clichés extraordinaires, qui saisissent cette apocalypse d’acier et de béton, en grandes largeurs horizontales ou verticales, décrit The Guardian. On y aperçoit des grues, des pelleteuses et des pompiers qui se détachent dans ces couleurs vives qui signent l’héroïsme. Des tronçons de piliers surmontent des enchevêtrements de poutrelles métalliques déformées pour former un creuset infernal de chaos et de destruction.”

Écouter les ruines

Aujourd’hui âgé de 76 ans, Wim Wenders raconte au Guardian préférer photographier les lieux plutôt que les personnes. “J’ai l’impression que les lieux parlent de nous, qu’ils ont des choses à dire sur qui nous sommes. En tant que photographe, je me mets à leur écoute.”

L’Allemand raconte ce moment de la journée qu’il a passée sur Ground Zero où, soudain, le soleil a percé à travers les nuages dans le ciel et les nuées de poussière au sol. Il a eu le sentiment que l’endroit lui murmurait “une chose difficile à croire”, se souvient-il :

On aurait dit que les lieux parlaient de guérison et non de perpétuer cette folie et de verser encore plus de sang.”

* L’exposition “9/11 Twenty years on” (“Le 11 septembre 2001, vingt ans après”) est programmée au Imperial War Museum, à Londres, du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022. Elle explorera “l’héritage mondial” des attentats perpétrés contre les tours du World Trade Center et le Pentagone.

Plus d’informations à cette adresse.

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L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui abrite certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Orienté au

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