Et l’Arc de Triomphe fut emballé et Christo “ressuscité”

Et l’Arc de Triomphe fut emballé et Christo “ressuscité”



De son vivant, l’artiste bulgare avait emballé le Pont Neuf et le Reichstag. À titre posthume, son rêve d’en faire de même avec le monument emblématique du haut des Champs-Élysées a commencé à se réaliser ce dimanche 12 septembre. Soixante ans après l’avoir eu.

L’exploit monumental d’envelopper l’Arc de Triomphe dans 25 000 mètres carrés de toile et de réaliser ainsi à titre posthume pour l’artiste Christo un rêve vieux de 60 ans a commencé”, rapporte The Guardian ce dimanche 12 septembre. L’installation, renchérit le Taggespiegel, était “le rêve de toute une vie du couple Christo Jeanne-Claude”. Et voilà que “le miracle se produit”. La Vanguardia va même jusqu’à parler de résurrection :

Jésus Christ a ressuscité le troisième jour, Christo un an et demi plus tard.”

Après des jours consacrés à l’installation d’immenses échafaudages, une armée de cordistes a donc commencé à dérouler des rubans de tissu recyclable. Sur place ce dimanche 12 septembre, raconte la correspondante du Guardian, “on percevait face à cette opération combinant art et ingénierie à grande échelle de l’excitation et de l’émotion mais il y en avait aussi qui avaient les nerfs à vif”.

Un projet imaginé il y a soixante ans

“Il y avait aussi de la tristesse.” Celle provoquée par l’absence du couple – lui est décédé en mai 2020, elle en 2009, rappelle le Taggespiegel – qui avait imaginé dès 1962 emballer le monument alors qu’il louait un petit appartement non loin. Mais “en cette lointaine année 1962, commente La Vanguardia, alors que l’actuelle place Charles-de-Gaulle n’était encore que la place de l’Étoile et que la Ve République fondée précisément par De Gaulle n’avait que quatre ans, le projet était qualifié d’irrespectueux”.

Il aura donc fallu à l’artiste bulgare faire montre de beaucoup de patience. Une patience qui finira par payer vingt ans plus tard. En 1985, il put ainsi emballer le Pont Neuf avant de s’attaquer, dix ans plus tard, au Reichstag à Berlin. Pour l’Arc de Triomphe, précise le Guardian, “il a laissé des dessins extrêmement détaillés et des instructions sur chaque aspect visuel et artistique”. “Il s’agit de la vision de Christo et de Jeanne-Claude”, insiste Vladimir Yavachev, le neveu de l’artiste qui supervise les opérations.

14 millions d’euros

Mais si Christo avait consigné le moindre détail dans ses carnets de dessin, il ne pensait pas que son rêve fou deviendrait un jour réalité, “estimant qu’il n’obtiendrait jamais les autorisations”, raconte le journal britannique. Et pourtant, en 2017, la Ville de Paris et le Centre des monuments nationaux lui ont donné leur feu vert. Le projet de 14 millions d’euros est entièrement financé par “la vente des œuvres préparatoires de Christo, à savoir des croquis et des collages ainsi que des maquettes datant des années 50 et 60”, précise le Guardian.

Comme pour le Reichstag, l’installation sera “éphémère”, note quant à lui le Taggespiegel. Plus précisément, elle sera visible du 18 septembre au 3 octobre. Après une année marquée par une pandémie dramatique qui a semé la division, le journal berlinois formule le vœu que “ce voile puisse répandre la paix et l’harmonie”.





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