Le Cachemire indien, refuge de la gastronomie tibétaine en exil

Le Cachemire indien, refuge de la gastronomie tibétaine en exil



Les vagues d’immigration tibétaine ont transformé le Cachemire indien en une vitrine de la cuisine traditionnelle du Tibet. Les recettes y sont transmises précieusement de génération en génération. Pour les plus jeunes, elles constituent souvent le dernier lien avec le pays de leurs ancêtres, raconte Nikkei Asia.

À Srinagar [dans le nord de l’Inde], les touristes qui longent Boulevard Road en direction du célèbre lac Dal pourraient facilement passer à côté du Lhasa sans le remarquer, n’était son toit rappelant les pagodes et sa façade en bois, qui trahissent ses origines tibétaines. À l’intérieur, des lanternes chinoises en papier jettent une lueur rouge sur les photos de la ville dont le restaurant réputé tire son nom.

La décoration tibétaine n’est pas là par hasard. Lorsque Abdul Rehman Zareif  a ouvert le Lhasa en 1976, c’était en partie pour préserver la culture du Tibet, son pays, qu’il avait dû fuir en 1959, après un soulèvement manqué contre la domination chinoise. [La minorité musulmane tibétaine dont il fait partie a soutenu la souveraineté du Tibet].

La puissante nostalgie des exilés pour la cuisine de leur pays

“Mon père était profondément attaché à la gastronomie de son pays d’origine”, raconte Ahmad Zareif, l’un des fils de Rehman Zareif, qui dirige désormais l’établissement avec deux de ses frères et sœurs. “La cuisine tibétaine lui rappelait son village, sa famille et son enfance. Le restaurant l’a aidé à revivre ces souvenirs heureux.”

Rehman Zareif fait partie des milliers de réfugiés tibétains qui ont traversé la frontière chinoise pour s’installer dans l’ancien État indien du Jammu-et-Cachemire — aujourd’hui séparé en deux territoires de l’Union, administrés par le gouvernement central [et jouissant d’une autonomie réduite]. Parmi ces réfugiés se trouvaient le dalaï-lama, le chef spirituel de la majorité bouddhiste tibétaine, et quelques membres de la minorité musulmane, dont Rehman Zareif.

Pour ces réfugiés, la tradition culinaire reste très importante. “Existe-t-il une nostalgie plus puissante que l’amour d’un exilé pour la cuisine de son pays? soupire un client tibétain du Lhasa. Chaque bouchée ravive des souvenirs de notre terre natale : l’atmosphère, les marchés, le retour à la maison à la tombée de la nuit, la préparation du repas bercée par les voix de la famille au loin, les réunions autour de la table, les sensations qui accompagnent le repas.”

Cuisine fusion et intégration

Si la famille Zareif sert essentiellement des plats tibétains, la carte raffinée du Lhasa comporte également des spécialités du Cachemire, comme le rista, le gushtaba et le yakhni — des recettes à base de mouton qui font partie intégrante du wazwan, un repas traditionnel composé de plusieurs plats. Du côté de la cuisine tibétaine, on retrouve du poulet cantonais et des kumloo, des raviolis frits farcis de champignons émincés. Les convives peuvent mélanger les différentes spécialités régionales comme bon leur semble.

“La plupart de nos habitués sont des Cachemiris. Ils adorent la cuisine tibétaine, se félicite Ahmad Zareif. Au fil des ans, ils nous ont véritablement adoptés dans leur société, comme si nous étions des leurs. Le monde d’aujourd’hui est déchiré de toutes parts par les conflits

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Connu sous le nom de Nikkei Asian Review jusqu’en septembre 2020, le magazine Nikkei Asia conserve la même ligne éditoriale. Une couverture rigoureuse de l’Asie qui souligne l’intérêt du groupe japonais Nikkei sur la

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