À quoi servent encore les chiffres romains ?

À quoi servent encore les chiffres romains ?



Des musées parisiens ont annoncé renoncer aux chiffres romains pour la présentation d’une partie de leurs œuvres. Cet article du quotidien belge La Libre explore les raisons de la polémique, en XDCXXIII signes.

Le musée Carnavalet, grand musée historique de la ville de Paris sis au cœur du Marais, s’est trouvé au centre d’une polémique lorsqu’il a été découvert que des chiffres arabes remplaceraient les chiffres romains pour la numérotation des siècles sur des documents adressés aux visiteurs. Le “XVIIIe siècle” devenant ainsi le “18e siècle”, par exemple.

Le musée a depuis tenu à rassurer. Les chiffres romains n’ont disparu que sur 150 des 3 000 contenus. Ce, dans des textes visant un public plus large (comprenant étrangers, personnes en situation de handicap…). Il n’empêche, une corde sensible a vibré. Tentons d’élucider ce que l’attachement à ces chiffres antiques nous dit…

La société a un côté “très chatouilleux à partir du moment où on touche à des normes d’écriture”, expose d’emblée le professeur Klinkenberg, membre de l’Académie royale de Belgique. “C’est quelque chose qui est très français, au sens de francophone : une espèce de fétichisme de la langue écrite.” À titre d’exemple, l’orthographe, chez nous, serait sacralisée, contrairement à d’autres pays. Réticence à évoluer avec son temps, prudence ou encore manque d’enthousiasme ? Pour 2021, on compte 520 nouveaux mots dans le dictionnaire nord-américain Merriam-Webster, contre un timide 140 pour le Petit Larousse. “Il y a une surévaluation de ce qu’on appelle la part historique. On donne à l’orthographe française une valeur étymologique qu’assez fréquemment elle n’a pas.” Un exemple ? “Le très beau cas du mot ‘poids’. Des cuistres ont décidé à un moment de mettre un d et un s, prétendument car le mot viendrait du latin pondus. Alors qu’il vient de pensum. Et on continue aujourd’hui à écrire un d à la suite d’une erreur de personnes prétentieuses !” Pour le Pr Klinkenberg, le français écrit devrait être fait pour tous les francophones, pas seulement pour ceux qui ont étudié le latin…

Pourtant, l’idée de se séparer des chiffres romains serait un mauvais combat. “Les simplificateurs loupent leur cible. Il y a bien d’autres simplifications plus importantes à apporter à notre système d’écriture.” L’orthographe, cette épine dans le pied des élèves depuis des siècles, encore et toujours… “L’accord du participe passé avec ‘avoir’ n’a aucune rationalité et crée des complexités effroyables. Là, il y a une véritable perte de temps, d’énergie et cela ne rend pas très intelligent ! Alors qu’ici (avec les chiffres romains, ndlr) la perte d’énergie est assez faible et introduit à une altérité.” Pour que la génération suivante ne soit pas sacrifiée, “parce qu’elle l’est par bien d’autres choses que par le Covid-19”, nous pourrions lui rendre la tâche un peu plus facile en modifiant certaines règles, amène le professeur.

Et les chiffres romains ? Vont-ils

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Anne Lebessi

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Ce titre de qualité des francophones s’est ouvert à de nouvelles thématiques sans renier ses origines catholiques. Edité par Informations et productions multimédias (IPM), qui détiennent également La Dernière Heure-Les Sports, “La Libre” a

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