Les Daft Punk nous laissent face au “désir ardent de faire la fête”

Les Daft Punk nous laissent face au “désir ardent de faire la fête”



Ça y est, les fondateurs de la French touch ont raccroché les casques. L’occasion pour ce journaliste de la Süddeutsche Zeitung de leur écrire une déclaration d’amour enflammée : comme une ode au génie rétrofuturiste du célèbre duo, au moment où nous gagne l’envie irrépressible de retrouver le dancefloor.

C’était peut-être dans une boîte de nuit de Tübingen ou de Berlin, à Burton upon Trent ou à São Paulo, Johannesburg, Zurich-Uetliberg ou Paris. Peu importe où les gens ont entendu la musique de Daft Punk pour la première fois, il est probable que les souvenirs qu’ils en ont soient assez semblables.

Il y avait déjà longtemps que la house et la techno, avec un beat dont le flow incessant était synonyme de libération dans les années 1990, de proclamation ou de pur divertissement – ou les deux –, n’avaient plus rien de nouveau. On s’y était fait, jour après jour, elles n’éveillaient plus grand-chose. Et puis, oui, alors est arrivé Da Funk, de Daft Punk. Et l’espace d’un instant, on a pu croire que l’on allait pour la première fois tout redécouvrir. One More Time. Comme un bébé qui danserait sur des jambes trop longues, avec des Air Jordan trop grandes et une vodka-Red Bull trop pleine à la main.

Tant de tubes ont disparu, oubliés, mais il est certain que tout le monde se souvient encore du poids de Da Funk. Le son, qui donnait au début l’impression de provenir d’une radio portable à trois pâtés de maisons de là. Le rythme qui, de prime abord, avait quelque chose de tout à fait maladroit, d’inélégant. Jusqu’à ce que votre propre corps s’y mette, qu’il se fasse emporter par le tempo saccadé et la mélodie nasillarde, qu’il les laisse tout dévorer, d’une oreille à l’autre en passant par le cerveau. Avant de sombrer dans le break monstrueux, qui résonnait comme si quelqu’un avait versé du mercure dans un fax pour l’envoyer quelque part ailleurs. C’était le signe qu’il pouvait encore se passer quelque chose. Même si, pendant un bref moment, on avait effectivement cru que les révolutions les plus importantes de l’humanité avaient déjà toutes eu lieu.

L’époque d’Helmut Kohl

Daft Punk, c’étaient deux musiciens français, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, et le 22 février, ils ont annoncé – dans une vidéo YouTube énigmatique, absolument étrange, et par un communiqué de presse particulièrement laconique – qu’ils se séparaient. On ne sait rien des raisons. De toute façon, il y a déjà quelques années qu’ils ne produisaient plus ni musique ni aucune autre absurdité.

Mais si le public, dans son ensemble, a été choqué, il a été encore plus stupéfait, médusé même, par autre chose : la prise de conscience que tout cela remontait déjà à loin. L’expérience primale de Daft Punk, les images stroboscopiques, ce contact électrique entre le bout de la langue et le bonbon acidulé du futur.

À l’époque, Helmut Kohl siégeait encore à la Chancellerie de

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Joachim Hentschel

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