La Fashion Week de Londres se libère des codes de genre

La Fashion Week de Londres se libère des codes de genre



Masculin, féminin, et l’un et l’autre, ou bien ni l’un ni l’autre. En misant pour la première fois sur l’inclusion et la fluidité de genre, le sommet londonien de la mode redessine les frontières du vêtement, s’enthousiasme ce journal en ligne de gauche.

Un costume assorti d’une jupe de tulle, un pantalon cigarette agrémenté de fioritures fuchsia : ces smokings réimaginés au travers du prisme de la “non-binarité” font partie de la collection automne-hiver 2021 du jeune créateur de mode Harris Reed. Présentés lors de la Fashion Week de Londres (LFW), qui s’est tenue virtuellement du 19 au 23 février, ils incarnent la nouvelle vision de la directrice générale de l’événement, Caroline Rush. En brouillant progressivement les frontières entre les deux vestiaires, masculin et féminin, elle souhaite “redéfinir le modèle de la Fashion Week”, rapporte The Independent.

Le succès des vêtements “gender fluid”

La mode peut-elle se libérer des catégories normatives en vigueur ? C’est le défi qu’a voulu relever le British Fashion Council (BFC) avec sa première Fashion Week “gender fluid”, ou dégenrée.

“Depuis sa création en 1984, la Fashion Week de Londres a traditionnellement mis en avant la mode féminine, la présentation des vêtements masculins étant réservée à des événements bisannuels distincts en janvier et en juin”, rappelle le site de gauche britannique. Mais les lignes bougent et le regard porté par la société sur le genre dans l’industrie de la mode a évolué. Le résultat  : des collections femme et des collections homme très proches, qui s’adressent en grande partie aux uns comme aux autres.

En boutique comme sur les podiums, les vêtements “non genrés” remportent un franc succès. Le journal en ligne relève ainsi “la montée en puissance des vêtements unisexes de ces dernières années, avec notamment la présentation par Zara et H & M de lignes neutres, respectivement en 2016 et 2018.” Il était donc temps, pour la vitrine du monde de la mode, d’adopter à son tour cette porosité.

Une distinction désuète mais bien ancrée

Très enthousiaste face à ce constat, la jeune créatrice britannique Bethany Williams y voit une occasion de “rendre son travail accessible à un plus large public”. À l’initiative d’une collection de manteaux colorés unisexes (dits “gender-neutral”), confectionnés à partir de couvertures recyclées, elle a salué “un changement vraiment super”. Car si une distinction genrée a pu être pertinente auparavant, “en particulier pour la mode masculine, car de nombreux créateurs de vêtements pour homme n’avaient pas l’impression que leur travail était correctement valorisé et souhaitaient donc un espace spécial pour le mettre en avant”, elle semble désormais tout à fait désuète, remarque The Independent.

Mais “notre monde est-il prêt à accepter la fluidité de genre à un niveau plus large en matière vestimentaire ?” s’interroge le journal. Et de répondre dans la foulée : “Pas tout à fait.” Les appels à la virilité, en réaction à la couverture du Vogue américain sur laquelle pose fièrement le chanteur britannique Harry Styles dans une robe Reed, “suffisent à dire que le chemin est encore long”.

Source

Fondé en 1986, The Independent est l’un des grands titres de la presse britannique de qualité. C’est aussi le premier quotidien généraliste à être devenu un journal 100 % en ligne.
Pendant l’ère Thatcher, l’équipe avait fait le pari de

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