Ce que le Covid-19 a fait à vos rêves d’expatriation…

Ce que le Covid-19 a fait à vos rêves d’expatriation…



Vous avez été nombreuses et nombreux à nous raconter comment le Covid-19 a affecté vos choix de vie à l’étranger, vos décisions de rentrer ou au contraire de rester sur place, de changer de voie. Voici à quoi ressemblera 2021 pour vous, les expats.

Partir à l’étranger alors que les frontières internationales se ferment, que de nombreux pays imposent des quarantaines, des règles de plus en plus strictes sur la vie professionnelle et sociale, n’est pas une démarche évidente. Vivre loin de ses proches, souvent dans un contexte matériel incertain non plus. Dans ces conditions, certains expatriés, comme Jérémy, ont décidé de revenir en France.

Jérémy est arrivé au Canada en tant qu’étudiant en 2018 et comptait s’y installer pour de bon. En plus de ses études, il travaillait comme technicien audiovisuel, était coordonnateur de communication pour un organisme de bienfaisance et travailleur indépendant pour le milieu de la culture. Mais en 2020, les bars et salles de spectacle où il officiait en tant que technicien ont fermé. Les interventions auprès des jeunes dans les écoles, où intervenait en tant que coordonnateur de communication, ont été suspendues, et le monde de la culture, où il travaillait également, a été mis en pause. Finalement, la réforme de l’immigration au Québec, en plus du confinement puis du couvre-feu, a eu raison des économies et de la motivation de Jérémy :

J’ai réussi à négocier avec mes colocataires en concédant des choses pour payer moins cher mon loyer. J’ai essayé de vendre ce que je pouvais. J’ai fait tout ce qui était possible… Mais j’ai compris que ces sacrifices n’étaient plus possibles.

Donc, j’ai décidé il y a quelques jours de rentrer en France en mai-juin 2021 pour reprendre des études de communication en France… Je recherche actuellement une école n’importe où dans les pays francophones et je vais abandonner tous mes projets, car cette pandémie et les mesures pour la contrôler ont détruit tous mes rêves…”

Changer de cap et se réinventer

Tous les Français de l’étranger ne se sont heureusement pas trouvés dans une situation aussi pénible. Néanmoins, ils ont été nombreux à devoir changer de cap en raison de la pandémie.

Clarisse s’apprêtait à partir s’installer à Buenos Aires, en Argentine, où elle avait déjà vécu auparavant. Mais, avant même de pouvoir concrétiser son projet, la pandémie lui a imposé de rester en Belgique, où elle vit. Lasse, elle confie :

Bon c’est pas grave, j’en profite pour rester auprès de ma famille et puis quand tout ça sera fini je partirai, ce n’est que reporter mon plan de quelques mois. Bien sûr, je ne m’attendais pas à ce que ce soit reporté d’un an. Plus le temps passe, plus je me pose des questions et passe par différentes phases.

Pour l’instant, mes projets sont en stand-by mais, à 29 ans, je commence à être dans l’impatience de pouvoir m’installer quelque part, y faire des projets. J’espère vraiment que 2021 puisse libérer les frontières (et sans l’obligation de la case vaccin).”

Louise aussi a vu la crise sanitaire changer ses projets. Étudiante en français langue étrangère (FLE), vivre à l’étranger était pour elle une évidence. Mais si elle n’a pas encore tout à fait renoncé à aller vivre en Amérique du Nord “l’envie [la] quitte de plus en plus”.

Je pense que la raison principale est que le Covid-19 a souligné plus que jamais l’impact que nous, les humains, avons sur la planète. Entre les raisons de l’émergence de ce virus (ici la proximité humaine/vie sauvage liée à la destruction de l’habitat de ces derniers), et les conséquences écologiques des confinements et mesures sanitaires (baisse d’émissions mais utilisation encore plus intensive du plastique par exemple), ce virus a mis en lumière notre impact sur la nature. Or, s’installer à l’étranger a un impact. Je m’imagine mal prendre l’avion pour déménager, ou pour revenir visiter ma famille. Cette crise a souligné, pour moi, l’importance du local.”

Parfois la remise en question est moins fondamentale et ce sont implement les projets qui changent. Margault, qui travaille dans le tourisme en Colombie, a été frappé de plein fouet par la pandémie sur le plan professionnel car son secteur a été mis à l’arrêt. Elle a donc été obligée de se réinventer :

Ayant quitté la France il y a maintenant trois ans, j’ai dû penser à me protéger, à m’assurer un toit sous lequel vivre, n’ayant ni le droit aux aides françaises, ni aux promesses d’aides colombiennes.

J’ai donc été bien conseillée, et ai acheté un terrain. J’y ai construit un bar restaurant que je ne pourrai pas ouvrir avant le deuxième confinement qui pointe le bout de son nez, et qui sera annoncé d’ici quelques jours. Mais, malgré tout, je poursuis mon projet ! Je poursuis la construction ! Avant la fin du mois débutera la construction de mi casita.

Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, et, bien qu’il soit préoccupant, je suis tous les jours avec mes ouvriers qui m’offrent une belle leçon d’humilité. J’apprends. Humainement (plus que tous les voyages que j’ai pu effectuer). La patience. L’écoute. L’échange (car même si je parle bien la langue, je ne connais pas tous les termes techniques du bâtiment).”

Partir quand même et prendre son poste à l’étranger

Et puis, il y a celles et ceux qui tiennent bon, qui ne sont pas obligés de changer leurs projets. Roxane, par exemple, a décidé de faire fi des mises en garde du ministère des Affaires étrangères pour partir en Inde travailler comme volontaire pour l’ONG Life Project 4 Youth dans le quartier de Paharganj à New Delhi. Frédéric, lui, avait postulé à un poste de stagiaire postdoctoral au Canada en février 2020 et il s’apprête à partir après un retard de presque un an.

Partir quand même signifie le plus souvent commencer un nouvel emploi dans un nouveau pays, une nouvelle langue, un nouvel environnement. Quand la crise sanitaire s’ajoute à cela, l’expérience peut être… surprenante.

Pour Romain, qui a emménagé en Allemagne en juin dernier, avec un petit retard d’un mois seulement, la prise de fonction est assez solitaire :

Je n’ai rencontré que très peu de personnes depuis mon arrivée : mes colocataires, bien sûr, et certains de mes collègues, qui n’étaient pas en télétravail ou au chômage partiel. Mais maintenant, le télétravail me concerne aussi, ainsi que mes collègues. Je n’ai donc pas encore l’occasion de vraiment m’intégrer, du fait des nombreuses restrictions (normales par ailleurs) actuellement en place. Ce n’est que partie remise.”

Katerina et son copain qui ont décidé – et réussi – à s’installer à Londres entre deux confinements sont aussi très optimistes :

Nous voilà maintenant dans un nouveau pays, dans de nouveaux jobs, et confinés dans notre nouvel appartement (où il manque un peu de meubles mais on va pas de plaindre 🙂 ). Nous n’avons jamais rencontré nos collègues, nous sommes en full remote du process de recrutement à la prise de poste ! Pas évident tous les jours, surtout qu’il fait s’adapter aux différences culturelles. Malgré tout ça (Brexit, Covid, mutation du virus), nous sommes très reconnaissants d’avoir pu venir à Londres, nous n’avons pas vu grand-chose mais sur le long terme, ça va le faire !”

Les optimistes envers et contre tout

Stephen voulait partir vivre en Thaïlande, mais a finalement opté pour la Finlande, plus proche. Expatrié à Helsinki depuis décembre 2020, il ne regrette pas son choix car il estime que son nouveau pays de résidence gère particulièrement bien la crise du Covid-19. Même son de cloche chez Quentin, qui vit en Suède, car le pays “offre à ce jour des conditions de vie et de travail difficilement égalables en France”. Le Portugal aussi fait figure de bon élève et a poussé Céline a maintenir son projet d’expatriation. Valentin, lui, s’est dit : “Puisque la pandémie est mondiale, finalement rester en France ou tenter de partir de changera rien au fait de devoir vivre dans une crise sanitaire.” Il voit donc l’épidémie simplement comme un paramètre en plus à prendre en compte”.

En effet, la vie ne s’est pas arrêtée et, pour de rares expatriés, la pandémie a coïncidé avec un grand bonheur. C’est le cas d’Annick qui va jusqu’à parler de “bénédiction”

Le Covid-19 m’a permis de pouvoir prendre un congé maternité un mois et demi avant l’accouchement pour mieux accueillir mon bébé (sans quoi le droit tunisien ne me donnait droit qu’à deux mois à partir du jour de la date de naissance…) et à mon conjoint d’être présent bien plus que les quinze jours auxquels il avait le droit avec la loi française. Nous avons ainsi pu accueillir notre enfant en toute sérénité et l’accompagner tous les deux pour ses premières semaines de vie. J’aurais vécu ma fin de grossesse, mon accouchement et ses premiers mois bien différemment sans cela, et je n’ose imaginer dans quel état de fatigue et dans quel sentiment d’isolement j’aurais été sinon…”

La vie à l’étranger a profondément changé en 2020. Toutes et tous ont dû s’adapter, parfois en repoussant le départ, en changeant de destination ou de secteur d’activité. Leur point commun : la capacité à rebondir, qu’il s’agisse de partir vers de nouveaux horizons ou de retrouver ses pénates.

Source

Lancé en avril 2016 et destiné aux expatriés français et aux candidats à l’expatriation, Courrier Expat offre des informations puisées dans la presse internationale sur l’environnement professionnel et personnel des Français de l’étranger, sur le

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