le Parlement approuve l’état d’urgence décrété sur le Tigré, alors que le risque d’escalade inquiète

25 0

[ad_1]

(Agence Ecofin) – Alors que l’offensive militaire lancée par le gouvernement fédéral éthiopien contre le TPLF dans l’Etat régional du Tigré doit gagner en intensité, la communauté internationale s’inquiète du risque d’escalade et de guerre civile que fait courir ce conflit.

La Chambre des représentants du peuple [Chambre basse du Parlement d’Ethiopie, Ndlr] a approuvé ce jeudi 5 novembre, l’état d’urgence déclaré la veille sur l’Etat régional du Tigré par le Conseil des ministres.

D’une durée de six mois, l’état d’urgence a pour but selon les parlementaires, de maintenir l’ordre constitutionnel ainsi que le bien-être du public et à permettre au gouvernement de s’acquitter de ses responsabilités constitutionnelles dans cette région montagneuse au nord de l’Ethiopie, frontalière de l’Erythrée et du Soudan.

La Chambre a approuvé également la création d’un groupe de travail composé de six membres chargé d’examiner le cas des zones spécifiques devant ou non être soumises à l’état d’urgence.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a ordonné mercredi, une offensive militaire contre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), après des attaques contre des positions des Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF).

« L’armée a non seulement repoussé les attaques, mais a réussi à contrôler des lieux importants et clés », a déclaré Abiy Ahmed, lauréat du prix Nobel de la paix en 2019, dans un discours à la nation diffusé par les médias d’Etat mercredi soir. Ajoutant par ailleurs que le gouvernement « mènerait davantage d’opérations dans les jours à venir ».

Le risque d’escalade et de guerre civile dans cette région d’Ethiopie inquiète la communauté internationale. Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé « son inquiétude face aux affrontements armés signalés […] et a appelé à des mesures immédiates pour désamorcer les tensions et garantir une résolution pacifique du différend ».

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a également fait savoir que les Etats-Unis sont « profondément préoccupés » par les attaques. « Nous sommes attristés par la perte tragique de vies humaines et appelons à une action immédiate pour rétablir la paix et désamorcer les tensions », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Plusieurs ONG internationales telles qu’Amnesty ou encore l’International Crisis Group ont aussi tiré la sonnette d’alarme.

Dans un contexte de relations déjà tendues, les deux parties n’ont cessé de renforcer leurs capacités militaires. Le Tigré, en tant que l’un des dix Etats régionaux semi-autonomes éthiopiens à base ethnique, a d’ailleurs sa propre police et sa propre milice.

Au niveau du gouvernement fédéral, d’importants mouvements de troupes ont été constatés. Selon un diplomate des Nations unies ayant requis l’anonymat cité par Foreignpolicy, des unités ont été retirées de plusieurs régions du sud de l’Ethiopie, y compris les régions de Hararghe et de Somali dans le sud-est, et de la zone Welega dans la région occidentale d’Oromia. « Le gouvernement fédéral aura du mal à convaincre quiconque digne de ce nom que ce n’était pas prévu à l’avance », a-t-il déclaré.

En vue de faire pression sur les dirigeants de la région, Addis-Abeba a récemment suspendu sa subvention mensuelle au Tigré, la dernière d’une volée de mesures fiscales et administratives à des fins punitives.

Dimanche 1er novembre, le président régional, Debretsion Gebremichael, a déclaré que «si la guerre est imminente, nous sommes prêts non seulement à résister, mais à gagner ».

Borgia Kobri

Lire aussi:

04/11/2020 – Ethiopie : le Premier ministre Abiy Ahmed ordonne une offensive militaire contre le TPLF dans la province du Tigré

12/09/2020 – Ethiopie : la région du Tigré défie le gouvernement fédéral avec des élections illégales remportées par le TPLF

04/09/2020 – Ethiopie : la région du Tigré va maintenir unilatéralement ses élections le 9 septembre, malgré le veto d’Abiy Ahmed

06/05/2020 – Ethiopie : malgré le report officiel des élections générales, la région du Tigré veut maintenir le scrutin



[ad_2]

Source link

Related Post