après le scrutin controversé du 31 octobre, le pays s’enfonce un peu plus dans l’incertitude

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(Agence Ecofin) – Arguant la « réussite » de la désobéissance civile, l’opposition estime qu’« il n’y a pas eu élection en Côte d’Ivoire », et appelle à « une transition ». Dans ce bras de fer, la Commission électorale s’apprête à proclamer les résultats d’un scrutin dont l’issue ne fait l’ombre d’aucun doute.

Ce sont environ 7,5 millions d’électeurs qui étaient appelés aux urnes, samedi 31 octobre 2020, dans le cadre du premier tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Et comme il fallait s’y attendre en raison du mot de désobéissance civile lancé par l’opposition, c’est un scrutin qui a été émaillé d’incidents à travers le pays, dont certains particulièrement violents ont encore occasionné des morts – une douzaine selon l’opposition -.

Même si les autorités ivoiriennes, à travers notamment la Commission électorale (CEI), de minimiser ces évènements en les jugeant globalement « insignifiants », les rapports de plusieurs structures d’observation électorale tendent à confirmer ces violences, dont les vidéos et images surabondent sur les réseaux sociaux.

Dans le cadre des initiatives de « suivi, analyse et atténuation de la violence électorale (EMAM) » et de « contribution à l’apaisement du climat sociopolitique » financées respectivement par l’Union Européenne, l’Open Society initiative for West Africa (OSIWA), WANEP-Côte d’Ivoire et ses partenaires ont déployé 680 observateurs sur l’étendue du territoire national et dans des zones à risque. En milieu de journée, les observateurs rapportaient 158 incidents à travers le pays.

Quant à l’ONG INDIGO qui avait déployé 750 observateurs électoraux, elle rapportait également, à la mi-journée, 116 incidents vérifiés à travers le pays. Tandis que 21% des bureaux de vote observés n’ont pas ouvert toute la journée.

Par ailleurs, dans le cadre de l’observation à long terme du processus politique et électoral, INDIGO a relevé « que de nombreux incidents sécuritaires préélectoraux, en lien avec l’appel à la désobéissance civile contre le troisième mandat du Président sortant, le rejet des candidatures des principaux leaders de l’opposition, ont profondément altéré la cohésion au sein des communautés à la base ».

Concernant le taux de participation qui constitue le véritable enjeu de ce scrutin, aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué par la Commission électorale. Toutefois nombre d’observateurs s’accordent sur le faible taux de participation, d’ailleurs aisément perceptible dans plusieurs quartiers de la capitale économique, Abidjan, transformée pour l’occasion en « ville morte ».

En attendant la proclamation des résultats provisoires du scrutin par la Commission électorale, dont l’issue ne fait l’ombre d’aucun doute, la tension politique ne faiblit pas.

Se réjouissant de la « réussite » de son mot d’ordre de désobéissance civile, Pascal Affi N’Guessan, le porte-parole des plateformes de l’opposition a déclaré samedi que « nos compatriotes ont boudé dans leur très large majorité le coup d’état électoral et constitutionnel que Ouattara a tenté en ce jour. Ça été un échec, les Ivoiriens ont refusé de s’associer à cette mascarade. (…) Dans l’ensemble, le mot d’ordre de désobéissance civile a été suivi. (…) Dans l’ensemble, Il n’y a pas eu d’élection en Côte d’Ivoire ».

A travers un tweet, Guillaume Soro, a, pour sa part, soutenu que « l’apocalypse et la catastrophe se sont abattues sur la Côte d’Ivoire ce jour de 2020. Je ne reconnais plus Alassane Ouattara comme président de la république. Peuple de Côte d’Ivoire nous n’avons aucune autre option que celle d’œuvrer au départ de Ouattara du pouvoir ».

Dans une adresse vidéo diffusée dans la soirée du samedi, l’ex-première dame, Simone Gbagbo, vice-présidente du FPI, a ouvertement appelé à la mise en place immédiate d’un gouvernement de transition.

« Ce jour 31 octobre 2020, il n’y a pas eu élection en Côte d’Ivoire. Notre pays se retrouve ce soir donc, dans une situation de vacance du pouvoir présidentiel. Il est temps que toute la société ivoirienne, plus particulièrement l’opposition politique, la société civile et les patriotes qui se soucient de l’avenir de notre pays, se donnent les moyens de mettre en place un gouvernement de transition. Ce gouvernement aura pour missions principales, de jeter les bases d’une vraie réconciliation nationale et de créer, dans les meilleurs délais, les conditions d’une élection présidentielle, démocratique et apaisée », a-t-elle déclaré.

La question de la mise en place d’une transition politique était d’ailleurs au cœur de la stratégie de l’opposition ivoirienne lorsqu’elle lançait son mot d’ordre de désobéissance civile visant à empêcher la tenue du scrutin du 31 octobre, afin d’obtenir la reprise totale du processus électorale et la mise en place de conditions d’élections censées être, selon elle, plus crédible et transparente.

Ce dimanche 1er novembre, les groupements de partis politiques de l’opposition ivoirienne ont affirmé dans une déclaration commune, ne pas « reconnaitre » le scrutin du 31 octobre, et inviter la communauté internationale à prendre acte de la « fin de mandat du président Ouattara ». Appelant dans le même temps à « l’ouverture d’une transition civile dès cet instant, qui organisera les élections présidentielles transparentes et crédibles ».

Alors que le président sortant, Alassane Ouattara, devrait être assurément proclamé vainqueur de ce scrutin controversé par la Commission électorale pour un troisième mandat jugé inconstitutionnel par l’opposition, le pays s’enfonce un peu plus dans l’incertitude.

Face à la détermination de l’opposition et l’ampleur de la contestation, s’achemine-t-on vers une répétition du scénario de 2010 avec deux présidents et deux gouvernements dans le pays ? Le bras de fer va-t-il conduire à une répression de l’opposition qui pourrait déboucher sur de nouvelles violences ? Autant d’interrogations auxquelles les heures et jours à venir permettront d’apporter des éclaircissements. Même si, en tout état de cause, ce scrutin du 31 octobre en Côte d’Ivoire semble avoir créer plus de problèmes qu’il en a résolu.

Borgia Kobri



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