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L’été 2020 impacté par la Covid-19 : Les agences de voyages, les grands perdants |

L’été 2020 impacté par la Covid-19 : Les agences de voyages, les grands perdants

13 juillet 2020 à 10 h 06 min

La filière du voyage est en péril et il faut avoir le courage de préciser si le secteur touristique a besoin d’aide ou non.

Frontières aériennes, maritimes et terrestres fermées, agences de voyages et de tourisme complètement à l’arrêt, prolongement du confinement dans la majorité des wilayas, le tourisme algérien vit ses pires moments. Les Algériens pourront-ils aller en vacances cet été pour autant ? Au regard de la situation, cela semble compromis.

Ils sortent d’une crise qui a duré 3 mois et certains n’ont pas travaillé et n’ont pas eu de salaire. D’autres ont eu juste 50% du salaire.

Elle vient après un mois très dépensier (Ramadhan) et l’Aïd. Mais le grand perdant reste sans conteste les agences de voyages, dont la majorité se limitent à la simple distribution des formules de vacances vers différentes destinations, à être simplement le relai d’agences réceptives étrangères qui captent, d’ailleurs, un flux considérable de touristes algériens.

Les annulations et demandes de remboursement se sont succédé et certains fournisseurs proposent aux agences de voyages, dans le meilleur des cas, «des avoirs, car ils sont eux-mêmes dans l’incapacité de rembourser».

La situation est si difficile à supporter que Nadjah Boudjelloua, secrétaire général de la Fédération nationale des agences de voyages et de tourisme, ne mâche pas ses mots lors d’une participation à une émission de télévision : «Je suis le représentant d’une filière qui est sinistrée.

Aujourd’hui, plus de 3000 très petites entreprises (TPE), extrêmement fragiles et démunies de trésorerie et qui emploient plus de 20 000 salariés, non pas été payées depuis au moins deux mois.»

Il ajoute : «Pour participer d’une manière effective à la relance progressive des activités touristiques, nous devons être accompagnés par les pouvoirs publics et avoir ce que nous avons sollicité depuis trois mois par différents écrits, nous avons besoin de quelques mesures, dont l’assouplissement au niveau des banques pour nous prêter un peu d’argent, afin de nous remettre de faire de la production touristique, qui nécessite un investissement au préalable.

Nous sommes sans réponse.» La filière du voyage est en péril et il faut avoir le courage de préciser si le secteur touristique a besoin d’aide ou non ?

Pour Nazim Ould Lamara, président de la commission tourisme du Forum des chefs d’entreprise (FCE), investisseur et gérant de l’hôtel Lamaraz Art Kouba, «assurer les salaires est déjà un grand pas, en plus de l’entretien d’un hôtel, il y a des frais et des charges fixes pour le garder dans le meilleur état, car c’est une structure d’accueil».

«La situation chaotique que nous vivons impose une résilience du secteur, qui doit permettre au tourisme de reprendre graduellement vie sur le long terme et générer la création d’emplois et de ressources pour toute l’économie nationale. Les pouvoirs publics doivent repenser la filière dans le cadre d’une stratégie globale de développement durable, à horizon 2030», écrit Mohamed Bourad, consultant en tourisme durable, dans une contribution.

Il dresse un constat sans complaisance : «Aujourd’hui, c’est le brouillard et le manque de visibilité dans des métiers au bord de l’asphyxie.

Les acteurs du secteur sont dans une alternative d’être ou ne pas être, ils finiront soit par se mettre ensemble ou vivre une descente aux enfers qui ne dit pas son nom, leur destin est à la croisée des chemins.» La crise sanitaire pourrait-elle être un effet d’aubaine pour le tourisme national ?

Oui, mais il faut y mettre les moyens. Or, les agences de voyages ont été mises dans la première phase de déconfinement alors qu’elles sont le dernier maillon de la chaîne des voyages puisque pour vendre un produit, elles ont besoin de l’avion, de l’aéroport, des restaurants, hôtels et train et tous sont encore à l’arrêt.

Il faut aussi regagner la confiance en déclinant une image à travers la communication. Le protocole sanitaire, qui devait inclure une série de précautions destinées aux établissements hôteliers, agences touristiques et autres tours opérateurs, en prévision de la période post-confinement, n’a pas encore été parachevé, alors qu’il a été annoncé en grande pompe par Abdelkader Ghaouti, conseiller du ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, le 25 mai dernier.

La Tunisie a dévoilé son protocole début juin, salué par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Le groupe hôtelier Accor a lancé le label de propreté et de prévention «All Safe» élaboré et approuvé par Bureau Veritas, leader mondial de l’inspection en matière d’hygiène et de propreté. 



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