Afrique

devenir un géant de l’or en Afrique de l’Ouest, mode d’emploi…


(Agence Ecofin) – Lorsque le Canadien Endeavour Mining voit le jour en 2002, ses fondateurs ne savaient sans doute pas qu’il allait devenir une multinationale et un géant de l’or. Pourtant la société réussit à forcer avec détermination son destin à coups de millions et avec une stratégie claire qui consiste à trouver les opportunités, acheter et vendre au besoin.

Si elle a d’abord pris le temps de grandir en devenant un producteur d’or à plusieurs actifs dans des juridictions réputées comme le Mali, le Ghana, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, la compagnie change de statut et d’envergure à partir de 2016.

Aujourd’hui, après quatre années de gros investissements, Endeavour est devenu le leader de la production d’or en Afrique de l’Ouest et est entré dans le Top 15 des plus grands producteurs d’or au monde. L’Agence ecofin vous conte cette ascension qui trouve son couronnement dans un excellent timing, avec un prix de l’or qui affole les compteurs à plus de 1900 $ l’once.

22 septembre 2015 : Endeavour se positionne sur l’or d’Ity en Côte d’Ivoire

La compagnie canadienne Endeavour Mining conclut avec La Mancha Holding du milliardaire égyptien Naguib Sawiris un accord pour acquérir ses 55% de participation dans la société d’Ity. Cette dernière exploite en Côte d’Ivoire une mine éponyme dont le potentiel confirmé peut accroître de 22% la base de réserves de l’entreprise.

 

1 Ity Endevour copy

Ity, en Côte d’Ivoire, l’une des principaux actifs d’Endeavour.

Si, à ce moment, Endeavour détenait un solide portefeuille d’actifs de quatre mines d’or produisant 500 000 onces d’or par an, l’acquisition d’Ity lui permet d’augmenter cette production de quelque 100 000 onces.

7 mars 2016 : Endeavour rachète pour 143 millions $ la société True Gold

Quelques mois après sa transaction sur l’or d’Ity, Endeavour parvient à un accord pour racheter la compagnie True Gold. L’intérêt de l’entreprise canadienne à travers ce deal porte sur la mine d’or de Karma détenue par True Gold au Burkina Faso. Karma n’est pas encore en production au moment de l’accord, mais cette phase est imminente, attendue pour fin mars ou début avril. Il est prévu que la mine produise 110 000 à 120 000 onces, ce qui augmenterait à nouveau la production de la compagnie. Pour Neil Woodyer, le PDG d’Endeavour à cette époque, « la société a à la fois la solidité financière et une équipe d’exploitation expérimentée » pour assurer la maximisation de la valeur de la mine au cours de cette phase de production.

16 janvier 2017 : première tentative de fusion, avec Acacia Mining

La compagnie britannique Acacia Mining qui possède plusieurs mines en exploitation et des actifs d’exploration en Afrique annonce être en pourparlers avec Endeavour Mining pour une potentielle fusion. La société canadienne confirme l’information, avertissant toutefois qu’aucun accord n’était encore conclu. La transaction n’ira pas au bout, mais elle a fait connaître les ambitions d’Endeavour qui avait alors une valeur marchande de 1,66 milliard $ alors qu’Acacia en avait 2,1 milliards $.

12 mai 2017 : Endeavour consolide sa position sur l’or d’Ity

Suite à un nouvel accord avec le gouvernement ivoirien, Endeavour porte sa participation dans le projet d’or Ity de 55% à 80%. Elle débourse pour cela 52 millions $ et s’engage à payer 5 dollars/once pour les réserves additionnelles qui seront déclarées sur le projet, à compter du 31 décembre 2016. « Ceci est une importante étape dans le développement de notre stratégie de croissance interne, Ity ayant le potentiel de devenir un de nos actifs phares, en plus de Houndé (projet détenu au Burkina Faso, NDLR), qui est en bonne voie pour produire son premier lingot d’or au dernier trimestre », a déclaré le nouveau CEO, Sébastien de Montessus.

30 juin 2017 : au Mali, Endeavour rachète la société Avnel Gold pour 122 millions $.

Endeavour Mining poursuit son expansion en Afrique de l’Ouest. Elle conclut un accord pour racheter 100% du capital-actions de la société minière Avnel Gold, qui détient au Mali 80% de participation dans le projet d’or Kalana. Si elle détenait déjà dans le pays le projet Tabakoto, Endeavour se positionne par cette transaction à 122 millions $ sur un nouveau projet prometteur capable de produire annuellement 148 000 onces d’or sur une durée de vie de 18 ans.

10 août 2017 : Endeavour renfloue ses caisses en vendant un projet non essentiel

Endeavour conclut un accord pour céder à BCM International les 90% de participation qu’elle détient dans le projet d’or Nzema au Ghana. Comme l’explique le PDG Sébastien de Montessus, cette vente a pour but d’améliorer le portefeuille de la société en la débarrassant des actifs non essentiels. Alors qu’il ne restait plus que 3 ans de vie à la mine, Endeavour réussit à obtenir une contrepartie de 20 millions de dollars payables à la clôture de la transaction, ainsi que 45 millions de dollars échelonnés sur trois années. Pour atteindre son objectif de production de 500 000 oz à 530 000 oz d’or, elle ne peut plus compter que sur les mines Agbaou et Ity situées en Côte d’Ivoire, Tabakoto, située au Mali, et Karma (Burkina Faso). 

20 octobre 2017 : au Burkina, la nouvelle mine d’or Houndé entre en production

Quelques semaines après la vente du projet Nzema, Endeavour annonce l’entrée en production de sa nouvelle mine d’or Houndé, au Burkina Faso.

 

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Houndé, au Burkina Faso, vise 190 000 onces par an sur 10 ans.

Une première coulée d’environ 980 onces d’or et quelques semaines plus tard, la mine entre en phase de production commerciale. En plein régime, il est prévu que Houndé rapporte annuellement à Endeavour 190 000 onces d’or sur ses 10 premières années de vie. Et le potentiel d’extension des ressources est considérable…

3 novembre 2017 : Endeavour se joint à Randgold sur l’exploration aurifère en Côte d’Ivoire

Endeavour forme une coentreprise avec un de ses concurrents en Afrique de l’Ouest, Randgold Resources, pour explorer leurs propriétés adjacentes de Sissedougou et Mankono, en Côte d’Ivoire. Si ses parts dans la coentreprise de circonstance ne sont que de 30%, la compagnie canadienne veut à travers ce partenariat pouvoir se concentrer pleinement sur sa mine d’or Ity. Cette année 2017 se solde par une production en hausse de 14% à 663 000 onces et 2018 s’annonce sous d’heureux auspices.

5 septembre 2018 : Endeavour empoche 60 millions $ en se séparant à nouveau d’un actif non essentiel

Endeavour Mining vend à une filiale de BCM sa mine aurifère malienne Tabakoto pour 60 millions $. La transaction ressemble à la cession, quelques mois plus tôt, de la mine ghanéenne Nzema, jugée comme Tabakoto actif non essentiel. L’objectif indiqué, une fois encore, est d’améliorer la qualité globale du portefeuille de la société en lui permettant de « se concentrer sur les actifs à forte génération de liquidités, à faible coût d’exploitation et à longue durée de vie ».

20 mars 2019 : entrée en service d’un projet censé augmenter la production de la mine Ity

Endeavour déclare l’entrée en phase de production de son projet CIL d’Ity avec une première coulée d’or de 1 800 onces. Le projet consiste en une usine de lixiviation qui est censée augmenter les volumes de production de la mine. Cette année, l’objectif de production annoncé est de 160 000 à 200 000 onces d’or à un coût global de 525 à 590 $/oz.

3 décembre 2019 : Endeavour fait une offre publique de fusion de 1,47 milliard $ au britannique Centamin

Endeavour Mining voit plus grand. Elle propose une fusion de 1,47 milliard $ à la compagnie minière Centamin, seule société exploitant de l’or en Egypte. Pour Sébastien de Montessus, PDG de la compagnie, la fusion marquerait le début d’une nouvelle phase de croissance pour Endeavour, avec l’ajout de la mine égyptienne Sukari (qui produit 500 000 oz/an) à son portefeuille.

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Endeavour met la main sur la mine égyptienne Sukari.

La transaction permettrait à Centamin, apprend-on, de réduire entre autres, les risques liés à un nombre limité d’actifs et dans un seul pays. L’entité issue de la fusion disposerait de trois actifs phares, en l’occurrence les mines Sukari, Houndé (Burkina) et Ity (Côte d’Ivoire), et se placerait parmi les 15 plus grands producteurs d’or au monde. Si tout cela est très beau, la société canadienne se heurte au Conseil d’administration de Centamin. Ce dernier n’a pas l’intention de se laisser avoir facilement.

7 février 2020 : échec de la tentative de fusion avec Centamin, après plusieurs semaines de pourparlers

Après quelques semaines de discussions avec les responsables de Centamin, Endeavour est obligée de rompre les négociations de fusion avec la compagnie britannique. Cette dernière, qui était déjà réticente lors de l’annonce de la proposition de fusion, a jugé le montant avancé trop faible pour une société de son statut.

 

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Sébastien de Montessus, PDG d’Endeavour Mining : « Se concentrer sur les actifs à forte génération de liquidités, à faible coût d’exploitation et à longue durée de vie ».

Pour le PDG Sébastien de Montessus, l’heure n’est pas au découragement. « Nous continuons à faire preuve de discipline, en ce qui concerne les possibilités de développement de notre entreprise et restons sensibles à la dilution de la participation de nos actionnaires, étant donné l’amélioration significative de notre activité au cours des quatre dernières années », déclare-t-il.

24 mars 2020 : la troisième tentative de fusion est la bonne, Endeavour devient le plus grand producteur d’or d’Afrique de l’Ouest

Quelques semaines après l’échec de sa tentative de fusion avec Centamin, Endeavour Mining annonce un accord définitif avec la société canadienne Semafo, active sur plusieurs projets miniers en Afrique de l’Ouest. D’une valeur de 1 milliard de dollars canadiens, la transaction qui sera finalisée quelques mois plus tard crée une société membre du top 15 des plus grands producteurs d’or mondiaux et le plus grand en Afrique de l’Ouest, avec six opérations et un grand potentiel de croissance. Avec ses six actifs en exploitation, Endeavour peut désormais produire chaque année un million d’onces d’or (environ 28 tonnes), dont environ 700 000 onces (22 tonnes) grâce à quatre mines situées au Burkina Faso.

Aujourd’hui : la vie d’un géant de l’or…

Aujourd’hui, Endeavour Mining a bouclé sa fusion avec Semafo. Elle est la plus grande compagnie d’or d’Afrique de l’Ouest et l’un des leaders de l’industrie aurifère mondiale. Elle poursuit l’exploitation de ses six opérations minières tout en s’activant sur l’exploration afin d’augmenter sa base de réserves aurifères. Le dernier développement de la société date de cette semaine avec l’annonce de l’augmentation des ressources aurifères de l’une de ses mines phares, celle de Houndé, au Burkina Faso. La compagnie cotée sur TSX explique que cette révision à la hausse du potentiel de l’actif est le fruit de travaux plus étendus sur les nouveaux gisements de Kari (Kari Pump, Kari Centre et Kari Ouest) pour lesquels elle a obtenu début juillet un permis d’exploitation minière. Endeavour n’a pas fini de croître.

Louis-Nino Kansoun





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