Dépistage de la Covid-19 : La longue attente des résultats des tests PCR |

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Dépistage de la Covid-19 : La longue attente des résultats des tests PCR

18 juillet 2020 à 10 h 11 min

Les cas asymptomatiques constituent la majorité des prélèvements. Les laboratoires des CHU à l’arrêt pour problème de réactifs.

Malgré la multiplication des centres de diagnostic à travers le pays depuis le début de l’épidémie et qui sont actuellement au nombre de trente, le test PCR demeure la problématique majeure rencontrée par les personnels de santé, en plus du manque de lits d’hospitalisation, les réserves d’oxygène et les moyens de protection en ce moment du rebond inquiétant de l’épidémie.

La disponibilité des kits de prélèvement ne se pose pas, affirment les spécialistes, mais les réactifs, le moyen pour identifier le virus, constituent un véritable casse-tête.

L’Institut Pasteur d’Algérie et ses annexes sont submergés par le nombre de prélèvements acheminés de toutes les wilayas du pays en raison de pannes des machines et de manque de réactifs dans les autres laboratoires des établissements de santé, notamment dans les CHU.

Selon des sources concordantes, l’IPA enregistre plusieurs milliers de tests en instance dont la majorité relève de cas asymptomatiques.

«Nous travaillons H-24, même les week-ends pour faire passer les cas les plus urgents et notamment les cas en réanimation, mais il nous est impossible de tout faire», nous confie-t-on. «Malgré tous les efforts déployés et la décentralisation, l’Institut Pasteur est submergé par des prélèvements des établissements de santé de toutes les wilayas censés avoir leur PCR ; à cela s’ajoutent les prélèvements des cas asymptomatiques dans le cadre des études épidémiologiques.

Ce sont ceux-là qui viennent submerger l’IPA en pénalisant sérieusement les cas symptomatiques en attente des résultats dans les hôpitaux.

Actuellement, nous avons 150 tests en instance au niveau de l’IPA dont des pcr de contrôle», a déclaré le Dr Mohamed Yousfi, chef de service d’infectiologie à l’EPH de Boufarik et de déplorer «une grave transgression de l’instruction ministérielle qui limite la PCR aux cas symptomatiques.

D’ailleurs, les chiffres annoncés quotidiennement sont biaisés d’une wilaya à une autre à cause de la non-application de cette instruction.

Nous n’avons pas les moyens nécessaires pour dépister les cas asymptomatiques», a -t-il encore souligné. Ce problème est à l’origine de la saturation des services Covid dans les établissements de santé dont de nombreux patients sont en attente des résultats de l’examen.

Comme cela a des répercussions sur les statistiques réelles de cas confirmés de Covid-19 dont le taux des cas positifs est en hausse vu la mutation confirmée du Sars-Cov2.

Un indicateur important dans le suivi de l’épidémie et dans la prise de décision pour la stratégie de riposte contre la pandémie.

«Les délais pour la remise des résultats des prélèvements s’allongent de plus en plus. Au début de l’épidémie, on pouvait avoir les résultats dans les 24 à 48h qui suivent le prélèvement. Aujourd’hui, ce délai est encore plus lent. Les résultats n’arrivent qu’au bout de huit à dix jours.

Ce qui complique le diagnostic, le suivi médical et le processus de prise en charge», note un spécialiste qui affirme que  «le recours au scanner à n’importe quel prix au test rapide est monnaie courante. Ce qui pourrait créer d’autres problèmes si on passe à côté d’un cas infecté», a-t-il ajouté.

Les laboratoires des CHU comme Béni Messous, Bab El Oued et Mustapha Bacha à Alger n’arrivent plus à répondre à la demande alors que les autorités sanitaires exigent l’ouverture de lits d’hospitalisation supplémentaires.

«Nous attendons les résultats de prélèvements effectués la semaine dernière alors que de nouveaux prélèvements sont envoyés. Ce qui va effectivement provoquer un cumul sur les cas.

Il y a même des corps qui sont à la morgue depuis plus d’une semaine en attente des résultats PCR pour procéder à l’autopsie avec toutes les contraintes et les problèmes rencontrés avec les familles des victimes», relève un spécialiste d’un CHU de la capitale.

Le test PCR, précise le Pr Nassima Achour, chef de service d’infectiologie à l’hôpital El Kettar, qui dispose d’un laboratoire et la technique PCR, est indiqué par le médecin spécialiste en consultation Covid et c’est à lui de l’effectuer. «Les personnes prélevées sont automatiquement hospitalisées pour une prise en charge, d’autant plus que nous enregistrons de plus en plus de formes de cas graves.

Nous avons les résultats dans quelques heures qui suivent le prélèvement», a-t-elle indiqué. Par ailleurs, la surcharge sur l’Institut Pasteur d’Algérie a été relevé à maintes reprises, ce qui a amené à autoriser à pratiquer la PCR mais ils sont toujours en attente des réactifs, avons-nous appris.

Il en est de même pour les laboratoires des CHU dont certains ne disposent plus de réactifs, problèmes techniques sur les machines ou pas du tout opérationnels pour manque de consommables. Le directeur général de l’IPA, le Dr Fawzi Derrar, nous a confié que l’Institut ne peut pas fournir tous les laboratoires sur le compte de sa trésorerie.

«La réglementation ne le lui permet pas.» et d’estimer que  «c’est aux gestionnaires de prévoir les budgets nécessaires pour ce type de dispositifs qui sont de toutes les façons tout aussi indispensables pour le diagnostic des autres maladies».

En attendant, la libération de tous les résultats des tests en attente au niveau de l’IPA, que deviennent les commandes pour les tests PCR passées auprès des fournisseurs étrangers, si commande il y a ?



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