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Des professionnels de santé appellent à sécuriser les malades chroniques |

Hospitalisation des patients atteints de Covid-19 en intra-service

Des professionnels de santé appellent à sécuriser les malades chroniques

16 avril 2020 à 7 h 15 min

De nombreux spécialistes redoutent la multiplication de cas de contamination de l’infection virale et un croisement d’infections au sein des hôpitaux, où des lits pour les patients atteints du Covid-19 ont été libérés sans les précautions requises au préalable pour protéger les malades non infectés.

Pourtant, le dispositif de prise de patients atteints du Covid-19 prévoit des dispositions claires à ce sujet. «Pour prévenir une éventuelle propagation dans un établissement hospitalier, le patient doit être immédiatement mis en isolement respiratoire, dans une chambre individuelle, chambre double ou en salle commune dédiée aux patients atteints du Covid-19, les autres patients présents dans le service doivent être éloignés ou transférés vers une autre structure», lit-on dans la note envoyée à tous les établissements de santé publique faisant obligation de dégager un lit dans chaque service, puis 10 lits vu l’augmentation du nombre de cas.

«Certains établissements ont effectivement respecté les recommandations du ministère de la Santé en mettant en place un service Covid, dédié exclusivement à cette maladie sans les autres patients. Comme il a été aussi préconisé des accès différents dans certains services où les malades non infectés étaient contraints de rester dans ces services», relèvent des praticiens qui s’inquiètent pour leurs patients.

Contrairement à cette organisation, des structures dont l’architecture ne permet pas de séparer les patients ont quand même hospitalisé des personnes atteintes de Covid-19 sans prendre en compte la sécurité des autres malades. «Outre les malades hospitalisés pour diverses pathologies dans d’autres spécialités, nos patients sont renvoyés malgré les cas d’urgence, il nous est impossible d’assurer une consultation sachant que le risque d’être contaminé est important dès l’accès au service», déplore un spécialiste, qui reproche à son administration de ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour une meilleure organisation de la prise en charge des malades.

Plusieurs services dans les principaux CHU d’Alger ont été mobilisés et ont libéré des places pour l’hospitalisation des cas de Covid-19, bénins, modérés ou sévères et mis sous traitement. Une organisation que le Pr Mansour Brouri, ex-chef de service de médecine interne à Birtraria qui appelé à revoir cette organisation, conteste par le fait d’avoir mis des malades atteints de Covid-19 dans les mêmes services, à côté d’autres malades hospitalisés, même si cela a été dans une aile séparée.

«Il ne faut pas oublier que ce sont des malades chroniques qui sont fragiles et sujets à risque au Covid-19.» Et d’ajouter : «Je pense qu’on aurait dû préparer des hôpitaux exclusivement dédiés à la prise en charge des personnes atteintes de Covid-19, au moins dans un premier temps, dans certaines grandes villes, et transférer les autres activités vers d’autres structures hospitalières, et ce n’est pas trop tard. Cela rassurera les malades ainsi que le personnel médical et paramédical.»

Ce qui permettra, selon lui, de centraliser les urgences en cas d’aggravation de la situation. Et de déplorer : «L’hospitalisation de plusieurs agents de sécurité, des infirmiers et infirmières contaminés dans un hôpital d’Alger a donné raison à ces personnels paramédicaux, qui ont réagi contre ce type de regroupement à très haut risque décidé par leur chef de service et l’administration.»

Le Pr Nibouche, chef de service de cardiologie à l’hôpital Parnet, à Alger, rappelle que la décision d’affecter un service à cette épidémie relève des compétences de l’équipe des épidémiologistes.

«C’est aux épidémiologistes de valider ou non selon des critères bien établis», a-t-il noté, avant de rejeter catégoriquement la mise en place des unités individualisées mais intra-service. «Nous devons mettre à l’abri les malades non infectés qui sont immunodéprimés du fait de leurs maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires.

Ils présentent tous les facteurs de risque, on doit assurer leur sécurité. Il est plutôt plus raisonnable de libérer tout le service et le dédier totalement au Covid-19, si la structure s’y prête, et transférer les autres malades vers une autre structure», a-t-il indiqué. Et d’appeler à assurer la sécurité aux patients et aux personnels de santé. 



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